Audrey Detournay Photographie

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Au lycée, un panneau « LABO PHOTO », croisé presque par hasard, m’a fait un clin d’œil. Je suis entrée, et j’ai appris à développer. La chimie et l’éclat de cette lampe rouge, c’était un peu comme un déjeuner passé avec Nicolas Flamel. Et ca n’a qu’amplifié mon envie de photographier. La rue, les gens, les arbres : tout y passait. Tout était photogénique.
Et puis, j’ai lu Le jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson. Un homme y tombe amoureux d’une femme. Il fait sa connaissance par le biais d’une vieille photo jaunie, encadrée sur le mur d’un hotel perdu. La photo sera l’un des vecteurs d’un voyage dans le temps où il pourra aimer un bref instant cette femme d’une autre époque. Le ressort est limpide : une photo peut nous transporter partout, auprès de gens qu’on aime ou qu’on découvre, avec une infinie simplicité.
Aujourd’hui, j’ai (presque) abandonné les sels d’argent et je suis passée aux pixels trichromes. Mais l’alchimie est toujours là. Les photos du quotidien font parfois place à des images plus alternatives, mélange de réel et de pigments, de superpositions, de symétries.